L’orgue existant, trop vetuste pour être récupéré, était disposé sur une gallerie située dans la nef centrale, au dessus de l’entrée.

Cette gallerie comprimait le volume de la nef et amputait une vision généreuse sur le chœur.

Le projet de nouvel orgue prend naissance de la collaboration de l’organiste, du facteur d’orgue et de l’architecte.

Les premiers choisissent de retenir pour sa sonosité un instrument de style nord-français, composé de 23 jeux.

Le second développe l’expression d’un instrument réalisé au 21ème siècle, dont l’architecture permet de retrouver toute la générosité et l’ampleur initiale de la nef.

La gallerie devient un balcon tendu en offrande vers le chœur, forme symbolique, métaphore de la musique liturgique qui porte vers les hommes le message de Dieu.

Il résulte de cette collaboration un ensemble homogène, réalisé dans un chêne naturel qui dialogue avec le tuf de la structure du temple, d’une expression dépouillée, qui s’alligne sur la fine austérité de l’ouvrage protestant.

L’objet ainsi conçu est une complexe mise en œuvre qui tente de rendre unitaire l’intervention du facteur d’orgue et de l’architecte, estompant les dichotomies usuelles entre ouvrage et contenu, instrument et support, tradition et modernité.